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La démocratie et la citoyenneté active
Différentes activités ont été mises en place pour permettre aux jeunes de mieux comprendre la démocratie :
Echanges, réunions, rencontres avec les élus, avec différents acteurs locaux et avec la population, travaux de recherches sur la démocratie, son fonctionnement, son histoire, ses institutions, réalisation d’une exposition, visites de sites, interviews et bien sûr les rencontres avec les jeunes hongrois à Komaron et à Gruissan soutenues par un travail en réseau et la création du site Internet,
Parmi toutes ces activités, les jeunes ont plus particulièrement apprécié la richesse des échanges, les travaux de groupes qui leur ont permis de « voir d'autres réalités, d’autres motivations » ; « c'était intéressant aussi pour la communication linguistique en anglais » ; Ils ont aimé aussi la réalisation de l’exposition sur la démocratie qui « nous a apporté plein de connaissances ».
À l’issue de ce projet, 70% d’entre eux ont acquis une meilleure compréhension de ce qu’est la démocratie et son fonctionnement.
Ils ont le sentiment de mieux comprendre le rôle des élus dans la société et ce, grâce aux différentes interviews des élus politiques, même si pour certains, « il y a tellement d’élus qu’on se mélange parfois » ou que
« avec tous les travaux et recherches que nous avons fait, ça nous a éclairci nos idées, on mieux comprends mieux le rôle et les missions des différentes institutions ».
Si l’approche de la démocratie au lycée ou au collège est abordée de « façon globale », ce projet leur a permis d’approfondir leurs connaissances. Ils se sentent aujourd’hui capable de parler de démocratie, d’avoir une discussion à ce sujet et de donner leur avis.
Pour eux, la démocratie recouvre quatre notions essentielles : le pouvoir du peuple, la liberté d’expression, le respect de chacun, les droits et devoirs du citoyen.
Ils ont pris conscience « que la démocratie n’est pas une valeur sûre partout dans le monde » et « que le vote est important pour dire ce que l’on pense »
Aujourd’hui, ils ont envie de s’investir dans leur ville, de voyager, de s’impliquer davantage en politique, pour leur commune et pourquoi pas pour l’Europe ?
Concernant l’intérêt pour la vie politique, les retours indiquent qu’à l’issue des rencontres, 36 % s’y intéressent davantage car ils la comprennent mieux, le même pourcentage affirme que non et 27 % «trouve la politique toujours aussi "ennuyant".
Cependant, la majorité reconnaît un intérêt plus marqué pour l’actualité, essaie de se construire une opinion et certains d’entre eux ont la volonté de s’impliquer dans des manifestations publiques.
90% d’entre eux comprennent mieux leur rôle dans la société et les possibilités d’exercer leur citoyenneté : « Grâce au projet européen, on a pu voir que nous avions tous un rôle à jouer dans la société ».
Ils ont pris conscience de leurs droits et devoirs en tant que citoyen et de l’importance du vote électoral pour choisir ses représentants : « On peut choisir qui on veut comme maire et président »
Certains d’entre eux pensent avoir plus de réflexion dans leurs choix et dans leurs opinions.
Mais pour l'instant, en tant que mineurs et adolescents, mis à part au conseil des jeunes et dans la MJC, ils estiment que leur action est limitée.
Si les jeunes s’accordent à dire que toute démocratie repose sur le principe de liberté, même si la jeune démocratie hongroise doit « faire des progrès », ils ont constaté des points communs entre les deux systèmes comme la difficulté de dialogue entre les jeunes et les responsables politiques (même si pour l’un d’eux « le maire hongrois semble plus à l’écoute de la jeunesse ») Par contre en France, le conseil des jeunes permet de s’impliquer davantage dans la vie citoyenne du village.
Les jeunes ont découvert que la démocratie pouvait s’exprimer autant à l’école que dans les associations, dans la vie du village, qu’elle passe aussi par l’information (journaux, télé) mais aussi par la musique ou simplement par les gestes de la vie quotidienne.
Pour une majorité d’entre eux toutefois, les lieux d’expression sont insuffisants ou inaccessibles au plus grand nombre, et notamment aux jeunes.
Le dialogue entre eux et les décideurs politiques reste à améliorer avec plus d’écoute et de contacts directs.
Les solutions qu’ils préconisent seraient d’ouvrir les Assemblées (Mairies, Sénat, Parlement) aux jeunes dès l’âge de 16 ans, de créer des CDJ dans toutes les communes, de multiplier les débats publics…
À la question « La démocratie se limite-t-elle à élire des dirigeants ou permet-elle à chacun d’agir dans la société ?», le débat fait ressortir qu’il est tout à fait légitime de s’impliquer entre deux élections.
L’espoir de « changer les choses » que ce soit dans leur commune ou dans la société, la volonté d’être utile et responsable tout en gardant l’esprit critique et l’envie de se battre pour plus d’égalité, de justice et de démocratie dans le monde restent des valeurs très fortes pour eux. C’est tout le sens qu’ils donnent à l’engagement citoyen.
Sur le plan personnel, les acquis au cours de ce projet font apparaître une plus grande assurance dans la prise de parole en public, dans la construction de l’argumentaire, et dans le débat d’idées.
On retient aussi une plus grande confiance en soi, un sentiment de maturité, un comportement plus responsable et solidaire, une plus grande capacité d’écoute et un esprit plus tolérant.

La rencontre avec une autre culture
À l’unanimité, les jeunes qui avaient une vision imprécise du pays partenaire - si ce n’est que c’est le pays d’origine de Nicolas Sarkozy - ont plébiscité la rencontre avec les Hongrois. Des contacts ont été pris, des liens forts se sont tissés entre jeunes qui se sont découverts semblables et différents à la fois. Et comme le dit l’un d’entre eux « c’était vraiment très intéressant de partager nos cultures, de s’associer, de se comparer. C’est très simple, j’ai découvert des gens aimables comme j’avais jamais rencontré : « ils n’ont rien et ils donnent tout, nous, on a tout et on donne très peu ».
Au cours de la rencontre, les jeunes Français ont pu constater que les jeunes Hongrois étaient très impliqués dans la vie de leur commune. Ils ont été marqués par la différence financière et par « ce joli pays encore sous le choc de la dictature », mais aussi par la richesse culturelle et la gentillesse des habitants « qui sont comme nous de la même planète ».
Les échanges pendant les réunions et les moments informels comme la visite de la ville de Komaron, de la forteresse, l’accueil dans les familles, les repas interculturels, la soirée finale avec les danses, la cuisine sont les moments forts qui ont le plus contribué à la découverte de cette autre culture.
Les jeunes restent toujours en contact et communiquent entre eux par Internet.

L’Europe
À la question « que signifie être citoyen européen, aujourd’hui ? », les réponses sont multiples : Appartenir à un espace commun, partager une identité européenne, s’intéresser aux décisions européennes, aller voter, bénéficier de la liberté de pensée et d’expression.
L’Europe, c’est la possibilité d’avoir des échanges culturels, des échanges de savoir-faire pour mieux se comprendre. C’est aussi une assemblée de pays démocratiques qui permet de développer des échanges entre les pays ; pour cela les 27 états membres ont besoin de coopérer.
L’image actuelle qu’ils ont de l’Europe est la vision d’un « territoire immense », « quelque chose de puissant ». Ce qu’ils voudraient qu’elle devienne se traduit par des mots qui font ressortir l’humain au sein d’une union forte : « une unité de peuples », « Que chaque citoyen se sente chez lui n’importe où en Europe, quel que soit son pays d’origine », « Qu’il n’y ait plus de problèmes économiques ou financiers » …
Selon eux, le « problème majeur » à prendre en compte dans la société européenne est la pauvreté (72 %). Viennent ensuite le racisme (45 %), l’emploi (36 %), les inégalités économiques entre les pays et les problèmes financiers.
Un des messages adressé aux décideurs européens est fort : « J’aimerais dire aux décideurs européens que les jeunes sont présents et que nous ne sommes pas tous désintéressés du monde adulte. Bientôt, c’est nous qui élirons et qui ferons avancer le pays alors, ce serait bien qu’on s’intéresse aussi à nous ».
Un autre aimerait « qu’ils donnent un peu d’argent qui constitue leurs gros salaires au peuple européen ».

Le projet
À l’issue du projet, ils affirment ensemble « avoir vécu une expérience exceptionnelle, riche en émotions et très enrichissante qui leur a fait prendre conscience qu’ils pouvaient agir à leur échelle, selon leurs capacités ».
La majorité trouve que ce projet a été trop court et aurait souhaité davantage de rencontres ou de visioconférences entre les deux délégations.
Pour certains, il leur a paru assez long et un peu difficile, peut-être trop vaste et pas assez cadré.
Tous souhaitent renouveler cette expérience afin de découvrir d’autres pays, d’autres cultures, d’approfondir encore plus le thème de la démocratie ou de l’histoire, de travailler sur la politique actuelle, sur les projets et I’implication des jeunes dans la société.
L’envie est forte aussi de se perfectionner dans d’autres langues, de connaître d’autres systèmes politiques, d’approfondir le débat sur d’autres sujets comme la tolérance, la solidarité, la liberté de la jeunesse…
En conclusion, les jeunes ont le sentiment d’avoir « parfaitement réussi ce projet » et ont envie de poursuivre cette aventure en s’appuyant sur les outils qu’ils ont acquis pour développer d’autres initiatives, dans leur commune et en Europe.